
Le brevet A est le premier brevet fédéral de parachutisme. Il atteste la capacité à effectuer des sauts individuels sans assistance de moniteur, au sein d’une école agréée. La Fédération française de parachutisme exige au minimum 12 sauts en chute, dont au moins 5 en solo, plus la validation d’épreuves en chute, sous voile et au sol.
Brevet A parachutisme : ce que le premier brevet autorise vraiment
La directive technique 49 de la FFP, dans sa version validée par le conseil d’administration du 27 mars 2026 et applicable au 1er avril 2026, décrit les prérogatives du brevet A en deux lignes : pratique au sein d’une école de parachutisme agréée par la FFP, et capacité aux sauts individuels sans assistance de moniteurs. Le périmètre est étroit, et volontairement.
Le titulaire du brevet A n’est pas encore un parachutiste autonome au sens fédéral : il saute seul, mais dans le cadre d’une école, sous la responsabilité de son directeur technique, avec du matériel école et une hauteur d’ouverture encadrée. L’autonomie complète arrive bien plus tard.
Le brevet est délivré par le directeur technique de la structure agréée ou, par délégation, par un moniteur titulaire d’un diplôme d’État. Le parcours de formation et la date d’attribution figurent dans le carnet de sauts, ouvert par le directeur technique et annoté par les moniteurs. Ce carnet, et non un diplôme imprimé, constitue la preuve du niveau atteint.
Une nuance revient souvent sur les terrains : le brevet A n’a rien d’un examen unique passé un samedi matin. La délivrance se joue sur des validations réparties sur plusieurs sauts, chacune consignée par un moniteur. Aucune session d’examen fédérale n’existe à ce niveau.
Les deux voies d’accès : PAC ou progression traditionnelle
La FFP reconnaît trois approches pédagogiques : la progression traditionnelle, la progression accompagnée en chute et l’usage du tandem, possible à tous les stades de la progression. Les deux premières mènent au brevet A, la troisième sert de découverte ou d’outil pédagogique ponctuel, comme le détaille notre description du déroulement d’un baptême en tandem.
La progression accompagnée en chute (PAC)
Dans la méthode PAC, l’élève débute directement en chute libre, accompagné par des moniteurs. Le découpage fédéral compte quatre niveaux :
- Niveau 1 : découverte de la chute libre, largage à 3 000 mètres minimum, élève tenu par deux moniteurs à la sortie, ouverture à 1 500 mètres minimum.
- Niveau 2 : stabilité, contrôle de l’axe, gestion du temps, largage à 3 500 mètres minimum.
- Niveau 3 : perfectionnement de la stabilité et de la conduite sous voile, avec un minimum de 6 sauts accompagnés avant d’accéder au niveau suivant.
- Niveau 4 : premier saut sans présence d’un moniteur en vol, en solo et sans vidéoman, avec au minimum un brevet C dans l’avion.
Le niveau 4 marque le vrai basculement : le parachutiste quitte l’avion sans personne pour le rattraper. Sa validation constitue le prérequis d’entrée au brevet A.
La progression traditionnelle en ouverture automatique
L’autre voie fait débuter l’élève en ouverture automatique, la voile s’extrayant par une sangle reliée à l’avion. Elle compte cinq niveaux. Le premier se pratique à 1 000 mètres minimum de hauteur de parachutage. Le troisième introduit l’ouverture retardée, avec un temps de chute maximum de 10 secondes. Le quatrième amène la chute à vitesse terminale, axe, assiette et hauteur contrôlés. Le cinquième, qui ouvre l’accès au brevet A, demande un déséquilibre volontaire maîtrisé, un passage dos suivi d’un retour à l’équilibre, et deux sorties différentes stables.

La méthode traditionnelle étale la dépense sur davantage de sauts et de mois. La PAC concentre la progression sur quelques jours consécutifs. Les deux aboutissent au même brevet, avec les mêmes exigences finales.
Nombre de sauts et épreuves du brevet A
La condition chiffrée tient en une phrase de la directive technique 49 : totaliser au minimum 12 sauts en chute, dont au moins 5 en solo. À ce plancher s’ajoute la validation de trois blocs de compétences, tous attestés par un moniteur.
Les capacités en chute
L’objectif fédéral vise la maîtrise d’au moins un type de sortie et le développement de l’aisance en chute. Quatre critères d’évaluation figurent au programme :
- des 360 degrés à plat dans un sens puis dans l’autre ;
- l’orientation en chute à 90 degrés par rapport à l’axe de largage ;
- une flèche en maintenant l’axe pendant 5 secondes ;
- une sortie en équilibre sur l’air, en piqueur, face moteur ou face aile.
La hauteur minimale d’ouverture est fixée à 1 200 mètres, et la présence d’un brevet C à bord de l’aéronef est requise. Le saut de validation se juge aux binoculaires depuis le sol, ou par un moniteur qui suit l’élève en chute.
Les capacités sous voile
Le module sous voile demande de concevoir et proposer son propre programme, de la sortie d’avion au posé : point de sortie, point d’ouverture, zone d’évolution, point de rendez-vous, prise de terrain, atterrissage. L’élève découvre le décrochage, les évolutions à 50 % de frein, les 360 degrés à la commande puis aux élévateurs arrière, et atterrit sans aide sur la zone de posé. Tant que ce module n’est pas validé, le vent au sol ne doit pas dépasser 7 mètres par seconde.
La révision théorique et le pliage
Le troisième bloc se passe au sol. Un moniteur révise et vérifie les connaissances acquises lors de la formation aux premiers sauts : le matériel, la sécurité à bord de l’aéronef et lors du largage, la sécurité sous voile, les incidents et leurs remèdes, la procédure de secours. L’élève apprend également, sous supervision, les principes de base du pliage de son parachute principal et la manière de s’équiper dans les règles de l’art, deux gestes qui structurent toute la suite de la pratique. Une information sur le retour d’expérience complète le programme, et la fiche d’attestation de révision, l’annexe 3 de la directive, doit être signée puis conservée trois ans au siège de l’établissement.
Point notable : contrairement au brevet de parachutiste autonome et aux brevets C et D, le brevet A ne comporte aucun QCM fédéral. La vérification des connaissances reste orale et pratique, face à un moniteur.
Licence FFP, certificat médical et âge
La pratique en structure fédérale suppose une licence FFP, valable pour un saut, trente jours ou un an, de la date de souscription au 31 décembre de l’année en cours. La grille des tarifs 2026 publiée par la fédération fixe la licence stage parachutisme de 30 jours à 87 euros, la licence annuelle parachutisme cadet et junior à 72 euros, et la licence annuelle senior et vétéran à 175 euros. Ces montants incluent la responsabilité civile obligatoire et une garantie individuelle accident, sujet développé dans notre point sur les garanties et exclusions des contrats.

Les catégories d’âge de la même grille situent la catégorie cadet entre 15 et 18 ans, première tranche ouverte à une licence parachutisme annuelle. Beaucoup d’écoles relèvent néanmoins ce plancher : les conditions d’accès affichées par le centre de Lézignan-Corbières pour son stage PAC exigent 18 ans révolus. Un appel avant réservation évite un déplacement inutile.
Côté santé, les écoles réclament un certificat médical au format FFP, daté de moins de trois mois avant le stage dans le cas de Lézignan-Corbières. Les motifs de refus ou de report les plus fréquents sont recensés dans notre panorama des contre-indications au saut en parachute. Une fiche d’attestation de formation débutant, l’annexe 1 de la directive technique 49, se remplit obligatoirement avant tout premier saut.
Combien coûte un stage brevet A en 2026
Les grilles publiques de deux écoles agréées donnent un ordre de grandeur fiable pour 2026. Le centre de Lézignan-Corbières affiche un stage PAC de 7 sauts à 1 290 euros, comprenant 6 sauts accompagnés et 1 saut solo, et un stage brevet A de 12 sauts à 1 575 euros, comprenant 6 sauts accompagnés et 6 sauts solo, hors licence-assurance FFP. Le centre de Gap-Tallard affiche pour sa part un stage PAC à 1 590 euros.
L’écart entre les deux formules d’une même école résume la logique de facturation : la partie chère est celle qui mobilise des moniteurs en vol. Chaque saut solo supplémentaire coûte nettement moins, puisqu’il ne réclame qu’une place dans l’avion et du matériel école.
Trois lignes s’ajoutent au montant affiché :
- la licence FFP, non incluse dans les tarifs de stage cités ;
- le certificat médical, à la charge du candidat ;
- les sauts supplémentaires, si la progression demande plus de tentatives que prévu.
La comparaison avec un tandem éclaire l’ordre de grandeur. Les mêmes écoles affichent un saut en tandem à 279 euros à Lézignan-Corbières et 285 euros à Gap-Tallard, montants cohérents avec les fourchettes de prix constatées. Un stage brevet A vaut donc cinq à six tandems, pour un résultat sans commune mesure : sauter seul.
Le brevet B, lui, ne se vend pas en forfait. Il s’obtient saut après saut, au tarif de la place en avion majoré du coaching éventuel, ce qui rend son coût total très variable selon le rythme de progression.
Après le brevet A : la liste des brevets fédéraux

La progression fédérale se poursuit par paliers chiffrés, tous décrits dans la directive technique 49 :
- Brevet B : prérequis brevet A, validation des modules chute, sous voile et pliage, minimum 22 sauts en chute. La hauteur minimale d’ouverture passe de 1 200 à 1 000 mètres une fois le brevet obtenu.
- Brevets de spécialité : B1 en précision d’atterrissage et voltige, B2 en vol relatif, B3 en voile contact, Bi4 et B4 en free fly et freestyle, Bi5 et B5 en pilotage sous voile. Le brevet B2 ne se valide qu’à l’issue de 8 sauts de formation spécifiques au vol relatif.
- Brevet de parachutiste autonome (BPA) : minimum 100 sauts, un brevet donnant accès à la compétition, majorité civile, vérification des connaissances par QCM. La hauteur minimale d’ouverture descend alors à 850 mètres.
- Brevet C : BPA, minimum 200 sauts, majorité civile. Il ouvre les vérifications d’embarquement, l’encadrement à bord et l’accès aux formations d’initiateur et de moniteur fédéral.
- Brevet D : BPA et minimum 300 sauts. Il autorise les sauts de démonstration hors école agréée et les sauts spéciaux.
Les brevets de wingsuit forment une branche à part, en trois niveaux, avec 200 sauts minimum avant d’entamer la formation du premier. Un brevet voilure hybride encadre l’usage des voilures grandes finesses.
La documentation fédérale reste consultable librement. Le manuel des notions de base et le manuel général du parachutisme, édition 2026, sont proposés en téléchargement gratuit par la FFP, et la directive technique 49 en version PDF détaille chaque brevet, module par module. Les recherches de type mémento brevet C en PDF pointent vers ces mêmes documents.
Prochaine étape concrète pour un candidat au brevet A : appeler une école agréée, réserver un créneau de stage hors juillet et août, et bloquer cinq jours pleins dans son calendrier. La météo, elle, décidera du reste.